Le 15 février, les constructions de projections autour de la bouche éruptive se sont disloquées et sont venus s’accumuler entre les pitons Morgabim (éruption de 2000) et Zoé (éruption de 1992). Cela a donc créé un barrage derrière lequel la lave s’est accumulée, ce qui a ainsi poussé le Piton Zoé. Et du fait de la pente, vers 14h, celui-ci a glissé… comme un vrai tas de sable !
Ces cônes volcaniques sont constitués de projections très riches en vacuoles : ils sont donc très poreux et gorgés d’eau. Lorsque ce cône a glissé, la lave s’est ainsi retrouvée au contact de l’eau pour des explosions violentes qu’on appelle phréatomagmatiques ! Et oui, lorsque l’eau se vaporise brutalement, c’est violent ! En parallèle, le cône s’est effondré vers l’aval en formant une petite coulée pyroclastique, un nuage de gaz, blocs et cendres fluidisé, comme une avalanche ! Ces deux événements réunis ont alors formé un modeste panache de cendres d’environ 200 de mètres de haut !
Si une petite coulée pyroclastique avait pu être observé dans le cratère Dolomieu le 2 janvier 2010 et si des explosions phréatomagmatiques discrètes sont observées assez rarement lorsque des fissures éruptives coupent d’anciens cônes, ces deux phénomènes lors de la dislocation d’un cône n’avait jamais été observé sur ce volcan ! Un événement vraiment exceptionnel !
Une éruption pas si classique, mais magnifique, comme toujours avec la Fournaise !
Si vous souhaitez en savoir plus concernant les mécanismes à l’œuvre lors des éruptions du Piton de la Fournaise ou sur le fonctionnement et l’histoire de ce volcan, je vous conseille mon livre grand public « Les secrets de la Fournaise » !
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Sources et images : Laurent Perrier, Vincent Cheville, Clément Dijoux
Ludovic Leduc, pour Objectif Volcans
