CHAMPS PHLÉGRÉENS (Italie) : faut-il craindre une éruption prochaine de ce supervolcan aux portes de Naples ?
Depuis 2005, un épisode bradysismique a lieu sur ce volcan, c’est-à-dire qu’une certaine sismicité est enregistrée, ainsi qu’un soulèvement du sol de cette caldeira. Depuis quelques semaines, la sismicité est un peu plus importante et le 20 mai, un essaim sismique d’environ 170 séismes s’est produit, avec un événement de magnitude 4,4 notamment. C’est le séisme le plus important depuis 2005 : on comprend donc l’inquiétude des quelques 500 000 personnes habitant à l’intérieur même de cette caldeira d’environ 12 km de diamètre (le risque volcanique y est d’autant plus important que le secteur est très peuplé) !
Cet épisode doit toutefois être comparé aux précédents, le dernier par exemple. En 1982-1984, 1300 séismes avaient lieu chaque mois, avec une vitesse de soulèvement du sol de 9 cm/mois et il n’y eut pas d’éruption. Au mois d’avril 2024, il y a eu 450 séismes et la vitesse de soulèvement est de 2 cm/mois… de quoi relativiser donc.
Cette sismicité demeure assez superficielle (moins de 4 km de profondeur), tout comme la source de pression à l’origine du soulèvement. En outre, les autres paramètres de surveillance ne montrent pas de variations notables (mis à part la sismicité). Il apparaît ainsi que c’est vraisemblablement le système hydrothermal qui se pressurise : une éruption magmatique est donc improbable à court terme.
Enfin, qui dit « supervolcan » dit éruption colossale possible, comme les deux connues pour celui-ci (il y a 39 000 et 14 000 ans), mais n’oublions pas qu’un tel volcan génère aussi des éruptions plus modestes et parfois même de faible ampleur. Ces éruptions sont même bien plus nombreuses : depuis la dernière super-éruption il y a 14 000 ans, il y en a eu 70 !
La dernière éruption, en 1538, était de faible ampleur, mais le secteur était déjà urbanisé, ce pourquoi elle a fait des dégâts.
Donc oui, une éruption de ce volcan serait très problématique, mais l’organisme en charge de sa surveillance, l’INGV, a la problématique bien en main. Alors même si le catastrophisme est facile sur le sujet, faisons leur confiance !
Source : INGV / Photo : inconnu

